Le but de l'altimétrie satellitaire
est d'établir une cartographie de très grande exactitude
du niveau des océans sur tout le Globe (de niveau centimétrique).
A partir de cette topographie de la surface de l'Océan, on peut
mettre mettre en évidence les creux et les bosses de plusieurs
dizaines de centimètres générés par la circulation
océanique et "voir" ainsi l'Océan en mouvement.
Cette technique s'inscrit dans le cadre des études sur l'évolution
globale du climat et de son interaction avec les grands courants océaniques.
La détermination de la forme de la surface de la mer par altimétrie
satellitaire date, schématiquement, des missions américaines
SEASAT (lancée en 1978) et GEOSAT (1984). De ce concept de mesure
spatiale découlent la mise en évidence et la compréhension
de phénomènes océanographiques ; pour les plus importants :
- les marées océaniques,
- les grands courants océaniques, qui ont leur propre topographie
(de 1 m à qq cm par rapport à une surface moyenne) éventuellement
variable en fonction des saisons et des années, notamment en
amplitude,
- les variations du niveau moyen de la surface des océans (se
chiffrent en mm / an).
L'amplitude et la signature des phénomènes océanographiques
recherchés sont situés en limite des potentialités
de détection des systèmes actuels (sol et espace). De plus,
leurs échelles temporelles et spatiales sont souvent très
variées et nécessitent, autant que possible, l'utilisation
de plusieurs satellites altimétriques :
- le phasage différent de leurs orbites (inclinaison, période
de répétitivité) permet d'obtenir une large distribution
spatio-temporelle (couvrant tous les océans ou presque) ;
- l'étude de phénomènes séculaires (e.g.
l'évolution du niveau moyen des mers avec une précision
de 1 mm par an voire moins) nécessite la programmation de nombreuses
missions successives, soit sur plus de 10 ans.
Principe de la mesure
Le principe consiste à mesurer la hauteur du satellite altimétrique
par rapport à la surface instantanée de la mer. Ceci s'effectue
par un radar automatique à bord, qui émet une onde d'environ
13 GigaHz qui se réfléchit sur la surface de l'eau et est
renvoyée vers le satellite ; le système délivre des
hauteurs toutes les secondes.
Le radar altimétrique, outre son altitude par
rapport à la surface de la mer qu'il survole, mesure la hauteur
des vagues et la vitesse du vent.
La hauteur de la mer est déduite de la soustraction
suivante: altitude (obtenue par calcul d'orbite) du satellite moins distance
mesurée. La précision instantanée de la mesure est
de 2-3 cm, actuellement. La précision de l'orbite est le domaine
qui a connu les progrès les plus importants ces dernières
années, permmettant de passer de d'une précision d'un demi-mètre
dans les années 80 à 2-3 cm aujourd'hui.
Cette précision nécessite de prendre en compte les effets
de propagation de l'onde radar quand elle traverse la ionosphère
et l'atmosphère.
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