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lune : questions
Réponses à quelques questions
diamètre de la tache lumineuse sur
la lune ?
Le diamètre du dernier amplificateur du
laser est de 12 mm et le laser est émis avec une divergence naturelle
de 80 secondes d’arc, ensuite le couplage au télescope est tel qu’il
est émis avec le diamètre du télescope 1,5 m soit
un grossissement de 125, donc la divergence du laser est réduite
dans ce même rapport soit à 0,64 seconde d’arc
ce qui équivaudrait à un diamètre sur la lune de 1,28
km s’il n’y avait pas l’atmosphère venant perturber tout ceci. Il
est toutefois à noter qu’avec une optique adaptative parfaite nous
pourrions obtenir ce diamètre de 1,3 km.
L’atmosphère provoque différents
effets sur les rayons émis par le laser, notamment elle crée
des tavelures de dimensions dues à la diffraction du télescope,
2 * 1,22 * l / D = 0.8 * 10-6
radians pour le vert, soit 0.16 seconde d’arc soit 320 m de diamètre.
Ces tavelures sont réparties dans une tache dont le diamètre
est l / r0 , r0
étant le rayon de turbulence (paramètre de Fried) pour
ce moment là. La valeur de r0 dépend de la qualité
du ciel ; plus le ciel est stable, plus le r0 est grand et plus
la tache laser sur la lune sera petite, donc la densité photonique
sur le réflecteur plus grande, plus les résultats seront
nombreux en retour. Un diamètre de tache de 10 à 14 km sur
la lune en moyenne est en bonne cohérence avec nos résultats
mais quelques nuits rares peuvent donner des résultats exceptionnels
montrant de bonnes qualités de faible agitation atmosphérique
et de bonne transparence et de plus faible diamètre de tache laser
sur la lune.
tri du photon laser et autres photons ?
Comme nous ne recevons que quelques dizaines de
photons en 10 minutes sur 6000 tirs laser, nous sommes en simple photoélectron
à chaque tir avec retour et il nous faut trier ce photon parmi le
bruit de photons solaires réémis par le sol lunaire ou par
l’atmosphère terrestre. Ceci est fait à partir de 3 filtrages
différents :
-
spatial : par un diaphragme de 7 secondes d'arc au
foyer de réception du télescope (sa dimension correspond
à la dispersion estimée des photons par l'atmosphère).
-
spectral : la longueur d'onde doublée du laser
est bien déterminée et nous utilisons 2 filtres en série,
l’un est un Fabry-Pérot de 1,2 A° avec 85% de transmission maximum
dans les pics et 1 pic tous les 60 A° ,
l’autre est un filtre large de 70% de transmission permettant de sélectionner
1 seul pic du filtre précédent ; l’ensemble donne donc un
filtre de 1,2 A° de large et d’environ 60% de transmission. Le Fabry-Pérot
est réalisé par 4 lames de verre polies à l
/ 200 dont 2 strictement parallèles, les 2 autres ( servant
de supports ) collées par adhérence moléculaire ;
cet ensemble a comme avantage d’être très peu sensible à
la température
-
temporel : par les prévisions de distance
et par la date de chaque tir, nous connaissons approximativement le moment
de retour éventuel de photons, nous ne sensibilisons la diode qu'aux
environs de ce moment là ( + ou - 50 nanosecondes ) et nous ne nous
intéressons ensuite qu'aux événements voisins des
prédictions.
Il suffit ensuite que le rapport signal sur bruit
soit suffisant ( supérieur à 4 ) pour que l’on puisse valider
la série de 10 minutes de tirs. Il reste évident qu’à
l’intérieur des événements validés il y a des
événements de bruit pouvant biaiser la valeur moyenne estimée.
intérêt d’émettre dans
le vert ?
Le laser YAG émet à sa couleur fondamentale
à 1,064 µm. A l’époque ( 1984-85 ) où nous sommes
passé du laser rubis au laser yag, le détecteur utilisé
était un photomultiplicateur et son rendement quantique en simple
photoélectron dans le proche infrarouge est très faible.
La solution était de mettre à la sortie du laser un cristal
doubleur de fréquence permettant d’émettre des impulsions
dans le vert ( rendement énergétique de 50% ) ; le rendement
quantique du photomultiplicateur à la longueur d’onde de 532 nm
était de l’ordre de 12%.
Depuis des travaux de développement de
nouveaux détecteurs à partir de photodiodes à avalanche
menés au sein de l’équipe laser-lune en collaboration avec
une équipe allemande de l’observatoire de Wettzell ont permis d’obtenir
des rendements quantiques de 20% dans le vert. Ces détecteurs pourraient
travailler dans le proche infrarouge avec un rendement similaire, mais
avec 2 fois plus d’énergie en supprimant le vert ( en développement
); ils pourraient travailler aussi dans le rouge avec un rendement de 70%
si l’on disposait d’un laser émettant dans le rouge ( genre Titane
Saphir ).
coins de cube ?
Les "coins de cube" déposés sur
la lune sont des réflecteurs qui ont la propriété
de renvoyer la lumière dans la même direction que celle de
réception . On utilise réellement un coin de cube en verre
dont les 3 angles au sommet font chacun 90° avec une précision
meilleure que la seconde d’arc. Un rayon lumineux tombant sur une des 3
faces du coin va se réfléchir 3 fois successivement donc
se décaler faiblement en position, et ressortir parallèlement
à sa direction incidente.
Les 2 réflecteurs français déposés
par les sondes automatiques " soviétiques " se composent de 14 coins
de cube d’environ 106 mm de côté ; les réflecteurs
américains Apollo XI et XIV se composent d’une centaine de coins
de cube mais un peu plus petits (38,2 mm), et le réflecteur Apollo
XV comprend environ 400 coins de cube et est plus grand.
Quelque soit le réflecteur, sa dimension
est très faible devant la dimension d’une tavelure ( 300 m ) et
la probabilité d’un photon, lors d’un tir, de tomber sur un coin
de cube sera la même pour tous les coins de cube du réflecteur
; donc le point équivalent du réflecteur sera le barycentre
optique de l’ensemble des coins de cube le composant. Si le rayon laser
n’arrive pas strictement perpendiculaire au panneau, la distance mesurée
dépend du coin de cube, le plus proche ou le plus loin du panneau,
ayant renvoyé le photon reçu par le détecteur ; nous
avons donc alors un élargissement de la dispersion de nos mesures
dû à l’inclinaison du panneau (surtout Apollo XV qui est le
plus grand ) donc dû aux librations de la lune, mais le point équivalent
de l’ensemble des coins de cube reste bien déterminé par
un ensemble suffisant de mesures. Pour Apollo XV, la dispersion dû
à l’inclinaison du panneau ( librations ) varie entre 0 et 300 ps
en écart type, alors que la dispersion des mesures sur un seul coin
de cube dû à la station (laser, chronométrie, etc…)
est aux alentours de 160 ps.
précision de la station ?
- sur la Lune avec un laser de 300 ps à mi-hauteur
Les dispersions, citées ci-dessus, s’additionnent
en moyenne carrée. Nous fabriquons, à partir d’une série
de mesures obtenues en 10 minutes, un point normal représentatif
de notre série et c’est ce point normal qui est distribué
à tous les chercheurs demandeurs et auquel nous devons affecté
une précision.
La détermination des coordonnées
du point normal est obtenue de façon classique par la méthode
des moindres carrées à partir des coordonnées des
mesures brutes obtenues et résiduelles après filtrage. Les
coordonnées sont d’une part la date d’émission du tir et
d’autre part l’écart entre la distance observée et la distance
calculée pour ce tir ( O-C ).
Exemple de la précision d’un point
normal représentatif d’une série de 10 minutes au cours de
laquelle nous avons obtenu 120 retours lors d’une nuit où les librations
de la lune apportaient une dispersion de 150 ps en écart type dû
à l’inclinaison du panneau.
Nous trouverons un écart type de la dispersion
de nos mesures de :
220 ps = [(150)2
+ (160)2 ]
L’écart type du point normal sera :
s = [(150)2
+ (160)2 ] / 120
s = 20 ps
La précision interne sur la distance, de
cette série de mesures, a donc été de 3 mm, abstraction
faite des effets atmosphériques.
Une analyse interne sur une nuit montre une dispersion variant entre 1 mm et 1 cm qui semble être due au nombre d'échos par points normaux et à l'état du ciel (vent, nuages...).
- sur les satellites GPS avec un laser de 20 ps à mi-hauteur
Le bilan de liaison est toujours confortable et la dispersion des points normaux varie entre 0,2 mm et 3 mm selon l'état du ciel.
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